Les catégories

Parfois “officielles”, parfois “expérimentales”, les catégories en improvisation théâtrale sont au nombre exact de… beaucoup.
Voici une liste non-exhaustive et bien sur évolutive avec le temps.
Leur dénomination pouvant varier d’un pays à l’autre, et le Luxembourg se situant aux frontières de la Belgique et de la France, nous avons tenté d’identifier les différents noms pour chacune d’elles.

Accessoire : Un accessoire (exemple : un bidet) est donné dès le début et devra être utilisé par les joueurs pour mimer de nombreux éléments de l ’impro (un siège ejectable, un trou dans la banquise, une chaussure géante…). Il n’y a pas de thème pour cette catégorie, juste l’objet.

Accessoire détourné : Les jouteurs reçoivent ou choisissent un accessoire réel avec lequel ils devront jouer pendant l’impro mais en détournant son utilité ou sa nature (exemple : une passoire qui devient un volant de voiture, un casque, un vaisseau spatial…)

A la manière de… (voir plus bas, en fin de liste)

Auditive / Dans le noir : Le noir absolu est fait dans la salle. (Comparée ou sexes différents si en mixte pour pouvoir différencier les équipes).

Avec Accent : Les joueurs doivent avoir un accent autre que le leur, évidemment. L’accent peut être imposé par l’arbitre ou le maître de jeu.

Avec intervention de l’arbitre : L’arbitre peut interrompre ou intervenir dans l’improvisation pour en changer le cours.
Variante : Intervention de l’arbitre avec Choix du public : La même que précédemment mais c’est le public qui vote en fonction de deux choix que lui offre l’arbitre.

Aventure : Un aventurier, à la recherche d’un truc perdu, fatalement. Des tribus de pygmées sauvages, la jungle, des explorations de temple, des momies, des malédictions… pensez Indiana Jones ou Tomb Raider. On peut le décliner dans un contexte plus maritime (cf. pirates des caraïbes), avec un trésor à la place de l’idole du palais, et des sardines à la place des pygmées.

Bande Annonce de film : Les improvisateurs devront jouer la bande-annonce du film portant le nom du thème énoncé par l’arbitre.

Bibliothèque : Un improvisateur lit une réplique sur deux d’un extrait de livre donné par l’arbitre. L’autre jouteur doit improviser en fonction.
Variante : L’arbitre lit deux répliques d’un livre qu’il a choisi. Aux improvisateurs de jouer la suite.

Chair de poule : A la manière des romans de frisson pour enfants. Il y a des sorcières, des vampires, mais les héros sont souvent des enfants/ados. Ça fait peur mais pas trop (pas de gore).

Chantée : Toute l’impro est chantée, et c’est bien plus joli s’il y a des rimes. Pas de danse ou de claquements de doigts, l’action est la plus naturelle qui soit… sauf qu’on chante.

Comédie musicale : Différente de la chantée. Elle alterne des moments de jeu normaux et de chantés, avec chorégraphies à l’appui (cf. West Side Story, Tout le monde dit I love you, la plupart des Disney…).

Contée : Un ou plusieurs conteurs nous racontent une histoire, les joueurs l’illustrent, en alternant les phases de contes et de jeu.
Peut être décliné : conte pour enfant, conte africain, asiatique etc.

Dessin animé : Plusieurs styles : le manga, le cartoon, le scoubidou… Les yeux sortent des orbites, les enclumes pleuvent…

Dégressive / Peau de chagrin / Accélérée : Une première impro va être jouée (ex : sur 4 min). Puis, elle est rejouée intégralement sur un temps plus court (ex : 2min), puis de plus en plus court (1mn, 30s, 10s)

Doublée / Doublage Américain : L’improvisation se déroule normalement, à la différence près que les joueurs sont doubles par d’autres joueurs, placés en réserves. Il est donc conseillé de bien ouvrir la bouche afin de mimer la parole.
Variante : le doublage américain peut s’effectuer sur un extrait de film projeté sur un écran.

Dramatique : Là on ne rigole plus. Une histoire faite de tension, de pleurs, de déchirement, le tout avec la plus grande sincérité possible du jeu dit “vrai”.

DVD : L’arbitre énonce le titre d’un film qu’il laisse jouer. Il peut ensuite à sa convenance demander à voir les bonus, le making off, le bêtisier ou même de l’anglais Sous-titré en Yougoslave.

Epopée Féérique / Héroic Fantasy : Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, quêtes, démons et autres maléfices.

Epopée médiévale : Des rois, des valets, la cour, des chevaliers. Pensez aux chevaliers de la table ronde, à Sacré Graal…

Erotique : Faut-il vraiment expliquer ?…

Exagération : Il est question ici de reprendre l’improvisation qui vient d’être jouée et d’en exagérer un ou plusieurs éléments. L’improvisation se joue en trois ou quatre étapes de temps égal.

Feuilleton : Impro en deux parties. Ces deux parties sont la suite l’une de l’autre et annoncée comme « premier épisode » et « suite et fin » mais avec le même titre. Bien entendu, les jouteurs reprendront l’histoire et leurs rôles respectifs lors de la « suite et fin ». Avant le caucus de la « suite et fin », le maître de cérémonie fait un résumé du premier épisode.

Film d’horreur : Loups-garous, Goules, Vampires et Zombies, c’est ici. Mais essayez de ne pas tomber dans une galerie de monstres de suite. Pensez aux films d’horreur et leurs « codes ». Un groupe d’ados, une maison, on se sépare, on se fait tuer à tour de rôle etc…

Guignol : Spectacle de marionnettes mais avec personnages imposés (Guignol, Gnafron, le Gendarme). Le public est pris à parti (« vous avez vu ou est passé Guignol ? – Dans la forêt, dans la forêt ! »)

Horoscope : La lecture de l’horoscope du signe astrologique d’un spectateur choisi au hasard, constitue le thème de l’improvisation.

Immobile : Les joueurs devront être figés dans une position de leur choix pour lancer leurs répliques. Ils peuvent à tout moment quitter la scène pour revenir avec une autre position.

Libre : La basique. Libre signifie que les jouteurs ont le droit de choisir la catégorie de leur choix… ou de jouer sans aucune catégorie.

Massacre / Carnage : Une scène se déroule normalement. La seule différence est qu’avant la fin, tous les personnages sur scène devront mourir (et si possible pas dans une explosion-surprise dans les dernières secondes de jeu).

Mélodramatique : Là par contre on rigole, le mélo est poussé tellement à fond que ça en devient ridicule (« Et ma femme qui me quitte alors que ma maison brûle, que mon chien est mort et qu’il ne reste plus de fajitas à la cantine… »).

Mitraillette : Chaque joueur, seul, sans aucune réflexion, doit improviser une scène dont le thème sera un mot donné par l’arbitre. Durée 30 à 45 sec.

Muette : Pas une parole, pas un bruitage fait à la bouche. Les autres bruits sont autorisés.

Multi-exercice de style : La même impro est jouée de façon libre, puis rejouée exactement (ou presque) dans des styles différents (western polar, science-fiction…).

Musicale : L’impro est rythmée au son de la musique (bande sonore ou groupe). Son intensité varie en même temps que les notes.

One Man Show / Stand Up : Un seul joueur par équipe va faire des sketches sur scène (cf. Palmade, Bigard, Robin). Dans le cas du Stand Up, il va raconter sa vie au public (cf. Seinfeld, Jamel…). Il est conseillé de bien écouter Rires et Chansons.

Peplum : Se passant dans l’antiquité romaine, grecque ou égyptienne par ex… Histoire d’empereur, de gladiateurs, d’esclaves, de Dieux… Attention, c’est différent de la tragédie grecque, gardez à l’esprit que le Péplum est avant tout un film (cf. Jason et les Argonautes, Gladiator…)

Poursuite : Une équipe démarre l’impro, l’autre équipe la continue après une durée définie par l’arbitre.
Variante : Double-poursuite, Triple-poursuite…

Rimée : ça se passe d’explication…

Roman photo : Une succession de tableaux figés accompagnés par une ou plusieurs voix off.

Roman ou Film policier : Peut être un polar noir ou plus dans l’action. Un crime, un policier, un détective privé… Pensez à Mike Hammer, Colombo mais aussi Starsky et Hutch etc…

Sans limite d’espace : Improvisation où la salle entière devient la scène.

Sans paroles / Gromelot : Pas le droit de prononcer un mot cohérent. Les bruits et le parler imaginaire sont les bienvenus (astuce : pensez aux Sims, ça aide).

Sans thème ni Caucus : Au coup de sifflet de l’arbitre, un joueur de chaque équipe doit entrer dans la patinoire et commencer un impro, sans y avoir réfléchi avant.

Science-fiction : Peut être « space opéra » : Des vaisseaux spatiaux, des planètes/nations à explorer, ou en guerre (cf : Starwars, Star Trek, babylon V). Ou plus « anticipation » : la terre avec de nouvelles technologies, des cyborgs, des machines à voyager dans le temps, des PC qui plantent pas…

Silencieuse : Pas un bruit, même pas un cognement contre la patinoire. Tout est dans le mime… (Note au jouteurs : n’hésitez pas à enlever vos chaussures).

Sitcom : Des personnages dans un lieu figé, des gags, des rires, des applaudissements, des « oooh », des « aaaah ». Pensez à Hélène et les garçons ou Friends.

Spot publicitaire : Généralement court (ou alors c’est vicieux de la part de l’arbitre), il s’agit de faire la pub du produit portant le nom du thème de l’impro. Les slogans sont les bienvenus.

Statique : Les joueurs, placés les uns à côté des autres, restent figés le plus possible (y compris au niveau des expressions). Toute l’histoire sera faite par la parole.

Téléphone Arabe : Tous les joueurs sauf 2 vont dans un lieu ou ils ne peuvent rien voir ni entendre. Un joueur se tient prêt à jouer et l’autre l’observe en réserve. L’arbitre énonce le thème de l’improvisation. L’improvisation finie, le deuxième entre en jeu. Le MC fait entrer un joueur qui était sorti pour qu’il aille à son tour en réserve. Chaque joueur va passer ainsi et va reproduire ce qu’il voit en le modifiant légèrement ou non. Quand tout le monde est passé le premier joueur refait son improvisation afin que l’on compare le début et la fin
Variante : lire un extrait de livre (adulte, enfant…) à mimer.
Variante 2 : exagérer à chaque passage.

Théâtre de boulevard/Vaudeville : Comédie bourgeoise et populaire. Claquement de portes, femmes trompées, maris cocus, majordomes complices, soubrettes dans la confidence…

Théâtre de marionettes : Les joueurs, de façon désarticulés, sont des marionnettes. Donne un bel effet quand c’est en plus doublé. Pensez aux Thunderbirds…

Tragédie grecque : Là aussi des dieux, des demi-dieux, des rois, des héros. Mais le tout correspondant aux lois de la tragédie grecque. Un chœur (la voix des dieux, normalement) reprend certaines répliques ou paraphrase. (Conseil : Placez un “moi xxxxx, fils de xxxxx” avec les deux noms qui finissent par la même sonorité, ça le fait.)

TV Hebdo : Le résumé d’un film extrait d’un magazine télé sert de thème à l’improvisation.

Video Way / Zapping : Des groupes de joueurs (généralement par deux) interprètent une chaîne de télé donné par l’arbitre (chaîne de débat, de films muets, pour enfants etc…). L’arbitre ensuite zappe de chaînes en chaînes. Variante : Radios.

Western : Aventures dans le Far-West. Règlements de compte, « Y’en a un de nous qu’est d’trop ici ». Pensez aux films de Morricone, mais aussi à Lucky Luke, qui a exploré beaucoup de facettes, de personnages et de lieux qu’on occulte généralement pour cette catégorie.

Zones d’émotion / Humeurs imposées par zone : La zone de jeux est découpée en 3 ou 4 parties égales. Chacune d’entre elles correspond à une humeur définie par l’arbitre (habituellement : joie, tristesse, colère, peur).

A LA MANIERE DE… (cliquez pour vous documenter)

Marcel Pagnol

Anton Tchekhov

Molière

William Shakespeare

Eugène Ionesco

Franz Kafka

Emile Zola

Tex Avery

Jean Racine

Arthur Conan Doyle

Charlie Chaplin

Alfred Hitchcock

Lewis Carroll

François Rabelais

Samuel Beckett

Marquis de Sade

Jacques Tati

Jean-Luc Godard

Hans Christian Andersen

Bertold Brecht

Victor Hugo

Jacques Offenbach

Michel Audiard

Steven Spielberg

Federico Fellini

Edgar Allan Poe

Jules Verne

Jean de La Fontaine

Marguerite Duras

Quention Tarentino

Tennessee Williams

Jean de La Fontaine

 

Questions courantes sur les catégories

Lorsqu’on parle des catégorie “à la manière de”, trois questions reviennent régulièrement. La meilleure façon d’y répondre est de demander à l’arbitre du match dans lequel vous ferez les impros, car c’est le seul maître à bord. Quelques pistes de réponses :

A-t-on le droit de reprendre les personnages de l’auteur ?

Non. Il ne s’agit pas de faire un remake de l’oeuvre de l’auteur cité, mais d’écrire une histoire totalement nouvelle en imitant son style. Pour Arthur Conan Doyle par exemple, vous ne devrez jamais parler de Sherlock Holmes, mais il pourra être question d’un détective privé travaillant de concert avec Scotland Yard dans le Londres du XIXème siècle.

Peut-t-on transposer l’époque ou le contexte ?

Non. Ceci est applicable à toutes les catégories d’ailleurs. Si l’arbitre demande un “western”, il ne veut sans doute pas voir des cow-boys dans un vaisseau spatial se battant en duel avec des pistolets laser, auquel cas il aurait demandé de la science fiction, catégorie dans laquelle les cow-boys n’auraient pas créé de hors cadre.

Peut-on s’inspirer de toute l’oeuvre de l’auteur ?

Stricto sensu oui, mais je pense personnellement que non. Conan Doyle est connu pour Sherlock Holmes et ses intrigues policières, et si on imite le style du “Monde perdu” sur la catégorie “à la manière de Conan Doyle”, on risque de décevoir le public et l’arbitre, lesquels auraient plutôt vu cette impro dans la catégorie “aventure”.

Merci à La Brique de Toulouse pour la base de cette page.