Le Caucus… Ca marche comment ?

Le coaching, ou caucus, c’est quoi ? 
Je parle ici des 20 secondes de préparation utilisées par les improvisateurs avant de rentrer sur scène. Le public se demande souvent ce que l’on peut bien se dire pendant ce court laps de temps… Eh bien, les improvisateurs aussi. Ce moment, tout comme le travail sur l’impro peut faire l’objet d’un travail en atelier. Déjà, il faut commencer par différencier un caucus de mixte et de comparée, qui doivent être complètement différents. je vais dans cet article vous dévoiler ma méthodologie, qui je pense est très simple à utiliser…

Caucus mixte
C’est souvent là que le bas blesse. D’abord, on choisi qui va entrer sur scène en lead, c’est à dire en premier, et ainsi deviendra le personnage principal de l’histoire. Ensuite, on le nourrit : Quel personnage ? Quelle ambiance ? Que fait-il ? Et enfin que veut-il ? Quel est son objectif à long terme dans l’impro ? On peut se dire que déjà, avec un objectif et un personnage, pour rentrer sur une mixte, on est bon.
Surtout, ne pas donner au joueur une structure narrative complexe, ou même une histoire. La seule histoire dont doit disposer le joueur, est celle de son personnage. La mixte, c’est une rencontre. Donc l’histoire doit naître de celle-ci. Il faut que sur scène le joueur ne subisse pas son caucus. Le caucus est une aide, pas un frein. Le joueur est libre de ce qu’il souhaite créer sur place.

La première minute de la mixte
J’insiste énormément sur cette première minute mixte, car c’est ici que toute l’impro se joue. Si cette minute est mauvaise, on va galèrer tout le reste de l’impro… Pour résumer : Entrez sur les mixtes avec un perso, un objectif à long terme, et voyez ce qu’il se passe… Vos équipes continuent de travailler pour l’histoire sur le banc, donc, lors de cette première minute capitale, concentrez-vous sur la relation à l’autre. Qui êtes vous l’un pour l’autre ? Existe-t-il une hiérarchie entre vous ? Vous connaissez-vous ? etc. Il faut répondre à tout ceci pendant cette minute. Après on lance l’histoire. Il faut qu’à la fin de la minute vous ayez répondu à ces questions : Qui sommes nous ? Qui sommes-nous l’un par rapport à l’autre ? Où sommes-nous ? Où allons nous ?

En clair, soyez souples, ouverts, disponibles et prenez de la distance avec votre caucus et le ramener en cas de besoin.

Caucus comparé
Complètement différent du caucus mixte, le caucus comparé va s’appuyer d’avantage sur une idée globale de l’impro. C’est le moment où l’on va jouer des impros complexes. Etre plus techniques dans la narration. On va montrer des constructions que l’on a pu travailler en atelier. On pourra jouer tous ensembles, créer des images, des balances, des flash back, etc. It’s Showtime ! Faites-vos plaisir et offrez autre chose au public. De l’émotion, des histoires… Tout ce qui est plus difficile à faire en mixte.

Le caucus, plus un moyen qu’une fin
Je considère le caucus comme une cartouche, quelque chose à utiliser quand je suis à vide. Lorsque j’entre, je démarre avec mon perso, et je suis à l’écoute de l’autre. Je rebondis sur ses propositions et lui sur les miennes et nous entrons lors de la première minute, dans une phase de négociation, qui va nous permettre de partir ensemble à l’aventure. Peut-être serai-je dominant dans l’histoire, peut-être pas. Ce n’est pas ça l’important. Ce n’est pas d’imposer son caucus à l’autre équipe car on se coupe d’une richesse et de surprises. L’histoire se construit sur scène, pas sur le banc et avec l’autre équipe. Elle sera enrichie par les envois du coach, mais c’est tout. Il faut rester libre et disponible pour créer une impro originale. Un début d’impro rude, où l’on impose son caucus donne rarement une bonne impro. Elle crée de la frustration, et d’une manière générale, les joueurs ne savent plus quoi faire quand ils ont épuisé leur caucus.

Et le coach dans tout ça
Le coach est un éliment important dans une équipe… s’il rempli son rôle et est compétent. C’est souvent que l’on a des “coaches pot de fleurs” en match. Un joueur fait office. Si le coach est “pot de fleur”, qu’il le reste. Il peut noter les thèmes, donner le temps… Et c’est à peu près tout. Coach est un rôle difficile et stratégique. C’est lui qui connait les forces et faiblesses de son équipe, qui fera les envois au bon moment, qui valorisera un joueur, et en calmera d’autres. Il a le recule. Il est en empathie et en écoute. Disponible et autoritaire. Mais le coach, comme il est ouvert, n’est pas en charge de tous les caucus, il les oriente, les dirige, tranche, mais il n’y a rien de pire pendant ces 20 secondes que 6 paires d’yeux qui se retournent vers vous et vous demandent :”Alors, on fait quoi ?”. Le joueur a de grandes responsabilités durant le spectacle, plus grandes que celles du coach, c’est lui qui est sur le “terrain”. On se doit de l’écouter mais utilisez le caucus lorsqu’il est simple, et que vous le sentez. Le coach ne joue pas l’impro. Faites lui confiance, ne refusez pas ses idées, appropriez les vous et voyez ce que ça donne sur scène. Un bon coach ne vous reprochera pas d’air abandonné ses idées. Il sait combien il est complexe de jouer une impro, encore plus une mixte.

Je pense aussi, que le coach a un devoir de débriefing, mais il vaut mieux, à mon sens le faire à froid, en atelier, et pas à la fin du match. S’il s’est mal passé pour un joueur, on le réconforte, on ne cherche pas à expliquer pourquoi ça s’est mal passé. Je garde en tant que joueurs, de très mauvais souvenirs de certains débriefs en fin de match, et aucun des bons…

Voici un petit éclairage de cette zone mystérieuse qu’est le caucus. J’espère qu’il est assez concret. Bien à vous.

C.L.

source : http://impro-bretagne.blogspot.com